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Rigidité cadavérique

La rigidité cadavérique (rigor mortis) est due à un enraidissement progressif des muscles peu de temps après la mort, donnant au corps un aspect de statue. Elle est causée par des transformations biochimiques irréversibles affectant les fibres musculaires au cours de la phase post-mortem précoce.

Elle consiste en un phénomène chimique de contraction musculaire post-mortem qui est dû à la « coagulation » de la myosine (lubrifiant musculaire qui se fixe et se fige sur les articulations) et de l’actine.

En effet, la rigidité cadavérique est due à l’arrêt des pompes ATPasiques qui provoque une accumulation des ions calcium dans le réticulum endoplasmique lisse des cellules musculaires par perte d’étanchéité de ce dernier.

 Sous l’action du calcium, il y a formation de ponts entre les filaments d’actine et de myosine et le muscle va dès lors prendre un aspect figé, les bras en flexion permanente, et les jambes en extension.

Main sur laquelle on peut observer le phénomène de rigidité cadavérique :

les doigts présentent une forme caractéristique, un aspect « crispé ».

Ce phénomène n’est pas accompagné d’un raccourcissement musculaire car, de par sa nature, il est différent de la contraction des muscles. Il intéresse les muscles squelettiques et les muscles lisses. Le durcissement des muscles lisses se manifeste par un myosis passager, une défécation et une éjaculation post-mortem avec un aspect en chair de poule dû au durcissement des muscles horripilateurs.

Les rigidités cadavériques ont une topographie descendante : elles prennent leur origine au début du maxillaire inférieur et gagnent l’ensemble du corps (cou, membres supérieurs, tronc, puis membres inférieurs) dans les huit heures qui suivent. Une fois rompues, elles ne réapparaissent pas. Les petits muscles se rigidifient plus rapidement.

Classiquement, les rigidités cadavériques apparaissent au bout de la troisième heure post-mortem et sont totalement mises en place environ 10 heures après la mort.  Au bout d’environ 36 à 72 heures, elles vont disparaitre, laissant place à la putréfaction, en rapport avec l’autolyse et la destruction de la structure des filaments d’actine et de myosine.

 

Si pour une quelconque raison les rigidités devaient se rompre (par exemple lors d’un déplacement du corps), elles se reconstitueraient (seulement dans un délai post-mortem inférieur à 12h).

La rigidité cadavérique est observable sur cette photo au niveau

de la main droite de la victime où les doigts sont en extension.

Au niveau du cœur, la rigidité apparait dans l’heure qui suit. Elle est plus précoce que celle des muscles striés. Elle disparait en 20 à 30 heures après la mort et est surtout marquée sur le ventricule gauche dont la cavité devient très étroite et se vide de son sang. Le ventricule droit a une paroi plus mince, il demeure béant et contient une certaine quantité de sang coagulé.

Au niveau des muscles striés, la rigidité est caractérisée par le durcissement des masses musculaires qui deviennent inextensibles et raidissent les articulations. Elle survient 2 à 4 heures après la mort et persiste 24 à 48 heures.

La chronologie indiquée précédemment n’est qu’indicative car plusieurs facteurs influencent l’apparition des rigidités cadavériques :

-          La température : plus elle est élevée, plus les rigidités apparaissent rapidement. Les rigidités sont prolongées par l’air froid et sec.

-          Les circonstances de la mort : elles se mettent en place plus rapidement lors d’un décès précédé d’une période de stress intense, de convulsions, d’électrocutions ou d’ingurgitation de produits toxiques. Elles sont plus lentes en cas de pendaison ou de mort par asphyxie (par exemple au monoxyde de carbone).

-          L’âge de la victime : une personne âgée présentera moins de signes de rigidités qu’une personne jeune.

La cause du décès a donc une influence sur la rigidité du corps et son intensité.

Les rigidités cadavériques ne doivent pas être utilisées individuellement pour estimer un délai post-mortem car cette méthode est peu fiable quant au « décompte » des rigidités. De plus, il n’existe pas d’instruments ou de techniques permettant de les quantifier avec précision.

Les rigidités peuvent toutefois être très utiles quand elles sont combinées à d’autres méthodes.

 

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