Lividités cadavériques (ou hypostase cadavérique)

Lors de la découverte d’un cadavre, on peut constater la présence de zones assombries sur le corps. Ce phénomène est appelé lividité cadavérique, du latin livididus qui signifie « bleu ».

Lividités présentes sur tout le corps du cadavre, caractérisées par une couleur « lie de vin ».

A la mort de l’individu, son cœur s’arrêtant de battre, le sang ne se trouve plus en mouvement dans le corps. Il y a, dès lors, formation d’ouvertures dans les parois des vaisseaux sanguins et le sang sort pour aller s’accumuler là où le corps touche le sol à cause du phénomène de gravité.

Les lividités cadavériques consistent donc en un phénomène de transsudation se traduisant par le passage du sang à travers les vaisseaux vers les parties déclives du corps, excepté celles sous pression comme les fesses, le dos ou encore les cuisses.  Ces lividités sont donc piégées et bloquées par contrainte mécanique.

Elles apparaissent comme des taches couleur lie de vin, bleues, voire noires au niveau de la surface de la peau.

Lividités cadavériques au niveau de la tête de la victime, en position basse.

Elles apparaissent très rapidement, à partir de la deuxième à la troisième heure post-mortem et s’effacent à la pression entre la sixième et la douzième heure environ.

Afin de dater le corps par cette méthode, la prise en compte de certains points est nécessaire :

-          L’absence ou la présence de lividités : si elles sont absentes, cela signifie que la mort date de moins de deux heures.

-          Leur coloration : plus le temps passe, plus les lividités (qui sont donc colorées par les globules rouges) seront visibles. Après 12 heures, elles auront atteint leur niveau maximum.

-          Leur fixation : selon la date de la mort, elles réagissent différemment à la pression digitale :

  • Si la mort date de moins de 12 heures, il y a disparition totale de la pression digitale : les lividités sont non-fixées
  • Entre 12 et 24h, la disparition est partielle : les lividités sont partiellement fixées.
  • Après 24h, la pression n’a pas d’effet : la fixation des lividités est totale.

-          La migration des lividités : ce point est surtout utile en cas d’affaire criminelle et moins pour la datation car elle permet de savoir si le cadavre a été déplacé ou non. Si le corps est déplacé dans un délai post-mortem inférieur à 6 heures, le médecin légiste ne pourra pas le savoir car les lividités apparaissent seulement après environ 2 heures et ne sont pas définitives. Si le corps est déplacé entre 6 et 24h après la mort, c’est-à-dire lorsque les lividités sont semi-fixées, celles-ci seront séparées en plusieurs lividités moins intenses. Enfin, si le corps est déplacé tardivement, les lividités ne changeront pas de place et il n’y aura pas formation d’autres lividités.

Effet des lividités lies à un retournement d’un corps initialement sur le ventre.

Dans certains cas d’empoisonnement, les lividités prennent une autre couleur.

Leur couleur peut varier selon les causes du décès : une intoxication au monoxyde de carbone ou au cyanure entrainera des lividités rouge cerise. Dans le cas de frigorification, elles seront rosées. Enfin, dans les cas d’anémie, celles-ci seront pâles.

 

 

 

 

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