Dosage du potassium dans l'humeur vitrée de l'oeil

L’œil humain est entouré par une membrane blanche : la sclérotique. Cette membrane contient une substance gélatineuse appelée l’humeur vitrée de l’œil.

Représentation schématique d’un œil.

L’humeur vitrée se trouve entre le cristallin et la rétine.

Lorsqu’une personne est vivante, cette substance ne contient aucune cellule et aucun ion.

Lors de la mort, les membranes des cellules composant l’humeur vitrée de l’œil subissent des dommages irréversibles et perdent toutes leurs propriétés, notamment celle d’être imperméable aux ions. En leur devenant perméable,  les cellules entrainent une libération des ions dans l’organisme, notamment d’ions potassium.

La concentration en ions potassium de l’humeur vitrée va donc augmenter en même temps que le délai post-mortem et la variation de concentration en potassium dans l’organisme va servir à dater approximativement l’heure du décès.

La température joue un rôle important dans ce phénomène. En effet, en cas de temps froid, le potassium va être libéré beaucoup moins vite qu’en cas de temps chaud.

Une formule a été établie afin de déterminer le délai post-mortem : 

Avec :       t : temps depuis le décès en heures

                 K : concentration en potassium en mmol/L

Le vitré est recueilli par ponction à l’angle externe des deux yeux à l’aide d’une seringue équipée d’une aiguille IM ou IV. Le liquide obtenu (environ 1,5ml par œil) doit être aussitôt centrifugé afin d’éliminer un éventuel culot cellulaire.

L’heure du prélèvement est à noter avec précision.

La présence de sang ou d’une coloration verdâtre dans le prélèvement, témoin d’un début de putréfaction, rend le milieu impropre à la détermination du délai post-mortem.

L’intérêt principal de cette méthode est qu’elle serait, d’après certains scientifiques, utilisables jusqu'à 5 à 7 jours après la mort (contrairement à la méthode thermométrique qui est optimale jusqu’à 24 heures).

L’inconvénient de cette méthode est son imprécision. En effet, elle permet, à partir de la concentration en potassium de l’humeur vitrée de l’œil, de déterminer l’heure du décès à plus ou moins 9 heures près. De plus, les facteurs exogènes, notamment la température, et les facteurs endogènes comme la durée de l’agonie ou des troubles hydroélectriques pré-mortem, influencent beaucoup son résultat.

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